Les noll ont deux ailes

Le village historique Acadien de Caraquet

Une de nos journées favorites de ce séjour dans les Maritimes est celle consacrée à la visite du Village Historique Acadien, site des plus authentiques qui se veut le reflet de la vie des Acadiens de 1770 à 1949.

Des interprètes en costume d’époque font revivre les coutumes ancestrales, les métiers traditionnels dans des bâtiments d’origine, le tout dans une atmosphère remplie de chaleur et de joie de vivre. Chacun a une histoire à nous raconter! Nous allons vous en citer quelques-unes.

Martin est agriculteur pour subvenir aux besoins de sa famille pas pour en faire du commerce. Il nous explique que les Acadiens ne sont pas propriétaires des terres sur lesquelles ils font bâtir leur maison dans les années 1770. Les enfants couchent sous les fenêtres au rez-de-chaussée. Ainsi, en cas d’attaque des anglais, les parents jettent leurs enfants par les fenêtres pour s’enfuir se cacher dans les forêts avoisinantes.

Quand ils arrivent du Poitou, les Acadiens s’installent tout d’abord en Nouvelle Ecosse. Quand ils sont chassés par les anglais à partir de 1755 parce qu’ils refusent de prêter allégeance à la Reine, de parler uniquement en anglais et de renier leur religion, certains rentrent en France, d’autres partent en Louisiane et deviennent les Cajuns, et l’autre moitié se retirent au Nouveau Brunswick. Se créent alors chez les Acadiens une culture de grande indépendance irréversible. Ils s’assurent de s’aimer les uns les autres.

On rentre ensuite dans la maison de Pierre Mazerolle construite en 1795 en pièces sur pièces. Il n’y a pas de charpente (pas avant 1800). Les murs sont recouverts de crépi composé de sable de chaux de crin de cheval. Ils sont 13 à vivre dans la maison. C’est le grand-père qui occupe le seul lit. Les autres membres de la famille dorment sur des paillasses qui sont rangées sous le lit du grand-père la journée.

Puis on visite la maison Godin bâtit en 1890.

Dans la maison Robichaud construite en 1846, on fabrique les pièces de tissu en laine avec lesquelles on confectionne des vêtements ou des couvertures. Une fois confectionnée, il faut 8 hommes pour fouler la pièce dans un chaudron d’eau chaude pendant 1 journée entière.

La maison suivante est la maison Doucet, construite en 20 années. C’est une des plus belles car M. Doucet est riche des échanges qu’il fait avec les anglais. On apprend ici comment fabriquer du fil de lin. Il faut d’abord l’arracher, surtout ne pas le couper parce qu’il y a des fibres jusque dans les racines.puis le faire vieillir sur le champ pour que la filasse se détache de la paille, la casser. On parle de brayer le lin, peigner du plus gros au plus fin, faire une couette avec ce qui reste et ensuite le filer avec de l’eau. Les boules sont battues pour en faire sortir les graines de lin, passées au vanoir pour faire s’envoler l’écorce.

On rentre ensuite dans le magasin général puis à la taverne de M. Poirier qui date de 1875. Dans la taverne, il n’y a pas de créature (nom donné aux femmes). Elles restent à la maison pour s’occuper des enfants. Il peut leur arriver de boire avec leur mari à la maison mais jamais en public, ni devant leurs enfants. Les boissons sont importées, le Rhum de Jamaïque, le vin de France, le Brandy de St Pierre et Miquelon. Le petit verre coûte 10 cents ce qui représente 2 à 3 semaines de travail. Un homme qui travaille dans le bois 6 mois gagne 60 pièces.

Il n’est pas nécessaire de consommer à la taverne. On peut juste venir parler. Le pasteur tolère les consommations à la taverne à condition qu’il n’y ait pas d’abus. Les bouteilles sont rares et coutent chères. On les conserve donc des années. Elles sont toutes différentes les unes des autres et n’ont donc pas toutes le même volume.

Les Acadiens sont pourchassés pour récupérer leurs terres qui sont très fertiles. Le 5 septembre 1955, Winslow appellent les hommes et les enfants de moins de 10 ans à se réunir dans l’église. Ceux-ci pensent recevoir une bonne nouvelle, alors qu’il s’agit d’un piège. Ils sont faits prisonniers et  sont envoyés sur les bateaux qui sombrent ou qui sont infestés par la vermine. C’est le début de la déportation des Acadiens.

On poursuit notre visite avec l’imprimerie créée en 1867 L’hebdomadaire s’appelle Le Moniteur Acadien à Shediac.On reçoit les 10 règlements que doit suivre l’imprimeur.

Les Léger ont 9 enfants à nourrir en 1836. La maîtresse de maison possède un magnifique fourneau est à deux étages, celui du haut pour le pain et les douceurs, celui du bas pour la viande. La paneterie est la chambre froide ou sont entreposés les fruits et légumes pour l’année à venir.

La forge/Blacksmith’s shop (1874) : forgeron – maréchal ferrant et charretier, ainsi que le fabricant de bardeau pour les toitures depuis la bûche

jusqu’au bardeau.

Utilise du charbon de mine qui ne fait pas d’étincelles contrairement au charbon de bois (interdit en ce moment à cause de la sécheresse)

Blackhall (1840) est la maison du juge de paix qui occupe une bonne dizaine de fonctions. Entre autres, il récolte l’argent des taxes, il est commissaire de la voirie. Il est payé par le gouvernement. C’est un écossais. Il a 4 garçons qui sont protestants et 3 filles qui sont catholiques comme la mère.

M Babineau c’est le quêteur. Il a fait sa maison à l’âge de 50 ans. Il reçoit facilement de l’argent car il demande la charité pour l’amour de Dieu… Çà fait peur! A l’école il y a la rangée des filles, la rangée des gars.

L’école va du rang 1 au rang 8, ce qui correspond aux âges de 6 à 14 ans. A 15 ans les gars partent de la maison. Il y a beaucoup d’absents à l’école parmi les gars car le principal est avant tout de subvenir aux besoins de la famille et non d’étudier.

Nous visitions le magnifique moulin a eau.

et nous passons sur le pont couvert sans payer.

Dans les années 1930, les voitures font leur apparition,

Irving Oil companie devient une des plus grosses compagnie de la région. La gare est construite. 

Les jouets se modernise au nouveau magasin général,

Pour arroser cette belle journée, on s’offre une pijoune au bar de l’hotel.

A la vôtre nos lecteurs!

Si vous passez par Caraquet, ne manquez pas cette visite! C’est magique de se sentir vivre au début du siècle parmi les Acadiens.

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