Les noll ont deux ailes

Polynésie française – Archipel de la société – Huahine

Huahine est souvent appelée “l’Authentique” ou “l’île de la femme”, en référence à sa silhouette et à son histoire matriarcale.

Huahine est l’un des lieux les plus importants pour comprendre la civilisation ma’ohi : La présence humaine est attestée sur l’île dès le IXᵉ siècle.

Ancien royaume indépendant jusqu’en 1895, Huahine fut gouvernée par des reines et plusieurs dynasties, dont les lignages Teha’apapa, Tamatoa et Teurura’i.

On y trouve l’une des plus grandes concentrations de marae de Polynésie (850–1100 apr. J.-C.).

Nous choisissons de faire le tour de l’île à vélo électrique. Le temps est couvert, une météo idéale pour pédaler. Malgré le ciel gris, les paysages restent fantastiques.

Huahine fait partie des Îles Sous-le-Vent, dans l’archipel de la Société. Elle est composée de deux îles reliées par un pont :

  • Huahine Nui, la plus grande, où se situe Fare, le principal village de l’île. On y trouve le port, le marché et les principaux lieux de vie. C’est là que bat le cœur de Huahine, entre traditions polynésiennes, lagon turquoise et douceur de vivre.

C’est à Fare que nous prenons nos vélo chez eBike Huahine. Une excellente formule parfaitement organisée par Ryna.Grâce à un QR code, nous téléchargeons la carte de l’itinéraire, sur laquelle figurent les différents points d’intérêt et arrêts recommandés. Avant le départ, Ryna prend le temps de nous présenter chacun d’entre eux et de partager de précieuses informations pour profiter pleinement de la découverte de l’île.

C’est passionnant! Mauururu. Nous pouvons nous arrêter à notre guise pour visiter un site, admirer un paysage ou profiter d’une baignade dès que le soleil pointe le bout de son nez.

  • La seconde partie de l’île est Huahine Iti, la plus petite et la plus paisible. Elle abrite de magnifiques plages, comme celle d’Avea, dont nous n’avons malheureusement pas pu profiter faute de temps. Nous devions en effet rendre nos vélos avant 17 h.

Le premier arrêt conseillé par Ryna est la visite de Motu Trésor. Ce n’est pas un motu où l’on vient pique-niquer, mais un petit musée-galerie unique à Fare, entièrement consacré aux coquillages de Polynésie et aux perles noires. Le lieu est tenu par Franck, un bijoutier passionné depuis plus de 35 ans.

La visite m’a rappelé la vitrine de mon papa, avec ses collections de coquillages soigneusement exposées. En prime, j’y ai appris à distinguer les coquillages dangereux, voire mortels, de ceux qui sont inoffensifs. Une visite aussi instructive que fascinante.

Boutique LM Huahine Vanille, à Fare, notre deuxième arrêt, est l’un des meilleurs endroits de l’île pour acheter de la vanille de Huahine ainsi que des produits artisanaux locaux. Cette petite boutique familiale est réputée pour la qualité exceptionnelle de sa vanille.

Nous y avons reçu un accueil très chaleureux et bénéficié d’explications claires et passionnantes sur la culture de la vanille.

La culture de la vanille demande beaucoup de patience et de savoir-faire. La liane met plusieurs années avant de fleurir, et chaque fleur doit être pollinisée à la main le jour même de son ouverture.

Les gousses mettent ensuite près d’un an à mûrir avant d’être récoltées, puis séchées et affinées pendant plusieurs mois afin de développer tous leurs arômes.

C’est aussi dans cette boutique, que nous avons acheté du Tamanu. Le tamanu (Calophyllum inophyllum), aussi appelé ati en Polynésie, est un arbre tropical emblématique des îles du Pacifique.

Il produit des noix dont on extrait une huile précieuse, utilisée depuis des siècles par les Polynésiens pour ses nombreuses vertus.

L’huile de tamanu est particulièrement réputée pour ses propriétés apaisantes, réparatrices et régénérantes. Elle est souvent utilisée pour soulager les coups de soleil, les piqûres d’insectes, les petites irritations de la peau, les cicatrices et les vergetures. Très nourrissante, elle aide également à maintenir la souplesse et l’hydratation de la peau.

Nous passons ensuite par la ville qui porte mon quatrième prénom, celui que mon grand-père utilisait pour m’appeler. Un petit clin d’œil inattendu qui me ramène à de précieux souvenirs d’enfance.

Maeva a été l’ancienne capitale de Huahine, et les sources archéologiques confirment clairement son rôle politique et religieux central pendant des siècles.
Les recherches montrent que Maeva était la résidence de toutes les familles gouvernantes de Huahine Nui et Huahine Iti. Les chefs vivaient côte à côte, sur la bande littorale bordant le lagon de Fauna Nui, ce qui rendait ces terres tabu pour les gens du commun.

Fare Pote’e de Maeva, est l’un des lieux culturels les plus importants de toute la Polynésie française.

C’est à la fois un musée, une maison cérémonielle reconstituée, et la porte d’entrée vers l’immense complexe archéologique de Maeva, l’ancienne capitale de Huahine.

Au même endroit, le marae de Maeva est considéré comme le plus vaste ensemble archéologique des Îles Sous-le-Vent. Il regroupe 28 marae, dont plusieurs impressionnantes plateformes royales qui témoignent de l’importance historique et spirituelle du site dans la culture polynésienne.

Nous découvrons ensuite les pièges à poissons visibles depuis la route. Cette technique ancestrale est particulièrement ingénieuse : lorsque la marée monte, les poissons s’engagent dans un véritable labyrinthe de pierres. Quand la marée redescend, ils se retrouvent piégés à l’intérieur.

Les pêcheurs ne prélèvent que les poissons dont ils ont besoin. Lorsque la marée remonte, les autres peuvent s’échapper et regagner le lagon. Respectueuse de l’environnement et des ressources marines, cette méthode traditionnelle est encore utilisée aujourd’hui.

Il a fallu demander aux musiciens de nous montrer les anguilles sacrées de Faie. Elles sont impressionnantes par leur taille et se distinguent par leurs étonnants yeux bleus. Nourries par les habitants depuis des générations, elles occupent une place particulière dans les traditions et les légendes de Huahine.

Poursuivons notre itinéraire. Heureusement que nous avons opté pour des vélos électriques afin d’emprunter la route panoramique menant à Huahine Iti. La montée jusqu’au belvédère est assez soutenue, mais l’effort est largement récompensé par la vue spectaculaire sur le lagon, les motu et les reliefs verdoyants de l’île.

Le tour de Huahine Iti se fait sous un vent à décorner les bœufs ! Nous pédalons avec énergie, bien décidés à profiter jusqu’au bout de nos vélos électriques… au point de terminer la batterie complètement à plat. Heureusement, les paysages grandioses qui nous entourent nous font vite oublier l’effort.

C’est dans cette portion un peu plus difficile du parcours que nous faisons la rencontre d’Yves, qui nous ravitaille en bananes pour nous aider à terminer le tour de l’île.

Nous avons bien fait de nous arrêter à la maison du pareo. J’en profite d’ailleurs pour m’inscrire à son atelier de confection de paréos prévu le lendemain matin. Une belle rencontre et une activité qui s’annonce aussi authentique que créative.

Yves est vraiment au top. Il partage d’excellents conseils et apporte juste ce qu’il faut d’aide pour guider chacun, sans jamais faire à sa place.

Résultat : même les débutants repartent avec une création de toute beauté. J’ai adoré ma matinée.

Pour notre séjour à Huahine, nous posons nos valises au Maitai Lapita Village.

Niché entre un lac et le lagon, au cœur d’un luxuriant jardin tropical,

cet hôtel à taille humaine s’inspire de l’héritage des anciens Lapita, ancêtres des Polynésiens.

Les bungalows sont magnifiques.

Son atmosphère paisible en fait un point de départ idéal pour découvrir les trésors de l’île.

Comme admirer les jeunes qui s’entraînent à la pirogue polynésienne sous les encouragements enthousiastes de leurs parents, ou tout simplement profiter de la magnifique plage lorsque le temps s’y prête.

Le samedi soir, nous assistons à un magnifique spectacle de danse polynésienne,

rythmé par les chants et les percussions traditionnels.

Nous sommes même invités à participer à un cours de tamure, pour notre plus grand plaisir.

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